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jeudi 17 décembre 2009

Cocon




Depuis mes début sur SL, j’ai souvent été impressionnée par le travail des designers en tout genre, mais il est un domaine en particulier qui m’a toujours attirée dans ce monde: les paysages, et plus particulièrement les jardins. Etrangement, en RL, les jardins m’indiffèrent, au mieux, ils m’amusent. Les seuls endroits à m’apporter le calme des jardins SL sont… les cimetières. Oh, rien de morbide là-dedans; simplement, j’en apprécie le calme, le silence et le mystère: tous ces noms inconnus, toutes ces histoires à réinventer...


Cette passion des jardins SL a amené des personnes pour qui je comptais à me construire de tels endroits de relaxation. Certains existent toujours et me servent parfois de cachette, certains ont été défaits, preuve de l'éphémérité de certaines relations.

Je ne sais plus comment c’est arrivé, mais un soir de septembre 2008, j’ai rencontré « mon » jardin.



C’est étrange, je sais, de dire qu’on rencontre une chose. Mais entre Feast et moi, quelque chose s’est passé, la magie a opéré et je suis tombée sous le charme. A tel point que le soir de notre rencontre, j’ai laissé SL en route, mon avatar au milieu de ces champs de fleurs et je me suis bercée de cette vue qui m’apportait une paix qui m’échappait.

Cette sim fermait pour se réinstaller ailleurs en différent, mais toujours aussi magique. Et quelques jours plus tard, quand j’ai entamé un deuil que je n’aurais dû interrompre, c’est là que j’ai couru me réfugier.



Tous ceux qui me connaissaient à cette époque savaient ce que cette sim représentait pour moi. Quand je suis tombée en amour avec Feast, j’ai hésité à communiquer le slurl: je craignais de voir la sim envahie et la paix s’envoler. Mais je me suis dit qu’un tel endroit valait d’être partagé et j’ai communiqué l’adresse à ceux qui comptaient pour moi, qui l’ont communiquée à ceux qui comptaient, etc… En l’espace de quelques jours, mon jardin était devenu hype et avait cessé d’être un havre de paix, sauf aux heures avancées de la nuit. Je m’y rendais donc tard le soir et comme au premier soir, je m'endormais au milieu de ces fleurs.


J’ai eu besoin de mon jardin en janvier, suite à un énorme coup de blues (doux euphémisme), mais il a été souillépar une mise en scène qui m'a cruellement blessée, me rendant insupportable simplement la pensée de l'existence de cet endroit.
Durant quasiment un an, je n'ai réussi à y remettre les pieds, tant le souvenir de mon refuge servant de complice à ce qu'on a essayé de me faire passer à l'époque comme sans importance et sans conséquence m’était insupportable.
Il m'a manqué, énormément. Et pourtant, c’est juste un jardin de pixels.

Il y a quelques temps, j’ai atterri par le hasard des LMs et des notecards à Aught, une sim voisine, toute aussi impressionnante. Au fil de mes pas aux environs, une étrange sensation m’a envahie: un mélange de peur et un sentiment de familiarité. J’ai aperçu le nom du lieu où je me trouvais en haut de ma barre de menu, je me suis figée et la seconde d’après, j’étais ailleurs, loin de ce lieu dont le souvenir me hantait, me demandant quand la douleur et la peur me quitteraient enfin pour me laisser jouir à nouveau de la paix de ce lieu.

Dernièrement, j’ai revécu ces moments de doute, ces errements, cette douleur. J’ai pleuré, hurlé, râgé, lutté pour finalement me rendre à l’évidence que l’on ne pouvait perdre ce que l’on n’avait jamais eu.
Et que toute cette peine, je me l’étais infligée inutilement en refusant de regarder la réalité en face. Depuis que j’en ai pris conscience, certaines choses qui comptaient tellement à mes yeux que je m’en suis rendue malade ont repris la place qu’elles méritaient et j’ai réussi à relativiser.

Le moment est venu.
Je l’ai senti hier soir, j’ai tenté l’expérience: je suis retournée à Feast, sans appréhension autre que celle d’être peut-être déçue. Et il était là, mon jardin, il n’avait pas bougé, comme si tous ces mois il m’avait attendue.
Et le comble, c’est qu’il m’a offert une bulle qui me suit désormais partout, comme un prolongement de mon refuge, de cette protection, de cet apaisement qu'il me procure.
Je suis retombée en amour et tant qu’il existera, je sais qu’il sera pour moi comme les jupes d’une mère, les bras d’une amie tendre, l’épaule d’un roc imperturbable (et imperturbé par mes errements).

Merci à tous ceux qui ont créé des jardins juste pour moi et aux créateurs de cet endroit magique, de ma bulle, de mon refuge, de mon cocon.